Sur 56 dossiers, 22 projets de production d'électricité à partir de biomasse ont été retenus par la Commission de régulation de l'énergie (Cré) pour le deuxième appel à projets, clôturé en août dernier. Ils totalisent une puissance électrique de 314MW (300MW prévus), issus en grande majorité de déchets de bois et de paille. Un seul projet tire son énergie des marcs de raisin, et un autre des sous-produits papetiers, tandis que plusieurs d'entre eux utilisent le biogaz en appoint. La caractéristique de cet appel est son ouverture aux petites unités, puisqu'une douzaine de sites accueilleront des centrales inférieures à 9MW (total de 84MW). À l'inverse, cette sélection a aussi retenu trois très gros projets : 70MW sur un site papetier en Gironde (Valmy Défense 19 SVD 19), 30MW chez Solvay (Dalkia) et, enfin, le projet du groupement industriel C5D de 22MW (dont Dalkia). Ces installations deviendront parmi les plus grosses du territoire avec le projet de 21MW d'UPM-Kymmene. On notera aussi que peu de projets sont portés par les industriels eux-mêmes, la plupart des déposants étant des groupes énergétiques (Poweo, Elyo-Suez, Dalkia, Voltalia, Finergaz...), très souvent à travers de nouvelles filiales montées pour l'occasion. Enfin, il est intéressant de noter que seul le projet porté par Finergaz chez le papetier Cascades SA-La Rochette aura recours à la gazéification de la biomasse avant la cogénération. Le précédent appel à projets avait totalisé six projets de gazéification, tous portés par EBV (Eneria), mais la plupart n'ont pas abouti même si les difficultés rencontrées n'excluent pas que certains sortent finalement de terre (avec des conditions contractuelles de rachat électrique maintenues). Cela dit, on admet à la CRE que les impératifs de production sur site industriel ont sans doute incité les porteurs de projets à recourir à des technologies plus éprouvées, avec l'espoir que la meilleure connaissance du marché des approvisionnements, des maîtrises techniques et financières garantiront un plus grand taux de réussite dans la mise en oeuvre effective des nouveaux projets (contre environ 50% sur le précédent). Le délai officiel pour la mise en route des centrales a été fixé avant 2010. L'autorisation d'exploiter au titre de la production d'électricité (loi de 2000) devrait être délivrée dans les prochains jours, mais elle n'induit en rien l'autorisation d'exploiter au titre des installations ICPE. Ce type de projets devrait par ailleurs se poursuivre, Jean-Louis Borloo ayant d'ores et déjà annoncé qu'un nouvel appel d'offres serait lancé dans les prochaines semaines.
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